Les Cendres ont une mémoire (1/60)
Voici le début d'un défi : une fiction qui durera 60 jours. Découvrez chaque jour un extrait de mon récit entre machines à vapeur, territoires dévastés, secrets et attirance dangereuse. Bon voyage !
Le premier épisode commence juste ici!
Épisode 1 - Trois coups dans la chaudière
La première fois que la chaudière a prononcé mon prénom, j'ai fait semblant de ne pas entendre. Dans les profondeurs de Bellécendre, les tuyaux transportaient habituellement toutes sortes de bruits : Des sifflements, des chocs, parfois des cris que personne ne cherchait à expliquer... Mais jamais mon prénom. Les yeux fixés sur le manomètre, j'ai resserré l’écrou avec ma clé et derrière la cloison, les pistons poursuivaient leur course : Tant que cette machine respirait, les habitants du quartier auraient du chauffage.
Soudain, trois coups ont résonné dans la cuve. Surprise, j'ai aussitôt cessé de travailler.
- Éléna...
Cette fois, j'ai lâché ma clé. Je connaissais cette voix que j'avais entendue rire, chanter faux, m’appeler à travers les murs de notre ancienne maison et que j’avais entendue disparaître sous les décombres, sept ans plus tôt.
- Approche !
Je suis restée à quelques pas, incapable de répondre et j'ai remarqué que la chaleur de la trappe me brûlait le visage, même à cette distance . J'ai ensuite entendu quelque chose gratter le métal de l’intérieur, quand tout à coup, on frappa à la porte de l’atelier. J'ai sursauté et les grattements ont cessé aussitôt dans la cuve.
L’homme qui est entré portait un long manteau couvert de cendre, sa main gauche était mécanique et ses doigts de cuivre laissèrent une trace noire sur la poignée. Il a refermé la porte et a abaissé le verrou.
- Vous êtes seule ?
Un nouveau grattement a résonné à ce moment-là dans la chaudière et me fit tourner la tête vers la cuve. L’homme suivit mon regard, son visage se figea.
- Est-ce que vous lui avez répondu ?
- À qui ?
Il traversa l’atelier, saisit ma veste et me la tendit :
- Prenez vos outils, nous partons.
Je n'ai pas bougé immédiatement :
- Il y a quelqu’un là-dedans...
- Je sais, répondit-il en tirant un pistolet de son manteau, pointant l’arme vers la trappe.
Derrière le métal, j'entendais la voix de mon frère s’élever une nouvelle fois :
- Éléna… ne pars pas avec lui.
La suite, demain !
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Francis..🏴 aime.