Je côtoie des gens de toutes horizons et de toutes âges puis savez-vous ce qui est le plus impopulaire comme sujet?
La planète de vos enfants est votre vestige.
-Vous avez fait des familles. De beaux enfants, des petits-enfants dont vous êtes fiers. Vous pleurez aux mariages, vous vous vantez des diplômes, vous prenez des photos aux fêtes de Noël. Vous les aimez, c'est pas la question.
Mais les aimer aujourd'hui dans le kodak, puis se désintéresser de la planète que vous leur laissez demain, ce n'est pas de l'amour.
C'est de l'amour à courte vue en réalité…..
-Votre gazon, le fameux gazon.... Ce vert immaculé dont vous êtes fiers, tondu au millimètre. C'est beau, c'est net, c'est accueillant. Personne vous en veut pour ça.
Mais cette mode vient de loin. Du rêve états-unien des années 60, la belle banlieue propre, la pelouse parfaite, le char dans l'entrée. On l'a importé ça ici sans se poser de questions et on l'a normalisé depuis longtemps.
Ce que personne ne dit, c'est que des millions de cours comme la vôtre additionnées, avec leurs herbicides, leurs pesticides et leurs engrais chimiques, ça donne un terrain de golf géant distribué sur tout le territoire. Et le terrain de golf lui, il fait pareil en grand, et il boit la nappe phréatique et la pollue de ses produits en ruissellement.
C'est de la monoculture. Grande échelle ou petite échelle, c'est la même logique, le même résultat. Pas par mauvaise volonté. Par une habitude mal installée qu'il est temps de questionner.
-L'eau potable sert à nous hydrater. Pourquoi l'utilisons-nous pour nos besoins scatologiques?
La technologie a évolué partout, même dans nos salles de bain. La toilette à compost d'aujourd'hui n'a absolument rien à voir avec la bécosse sèche du chalet ou le truc en plastique bleu du camping. Propre, sans odeur, et surtout, elle retourne les déchets à la terre plutôt que de souiller l'eau potable pour les évacuer.
On la connaît. Elle existe. Alors pourquoi on s'entête encore à utiliser de l'eau bonne à boire pour nos besoins scatologiques?
Le bidet de siège s'agence parfaitement à cette approche. Moins de papier, moins de gaspillage. Deux solutions simples, accessibles, qui existent déjà. Il ne manque que la volonté de changer une habitude.
-Vous connaissez nos marais, nos swamps à quenouilles, ces zones humides qu'on a longtemps considérées comme inutiles, voire encombrantes?
La science a un nom pour ce qu'ils font naturellement depuis toujours: la phytoépuration. Les racines des roseaux et des quenouilles créent un écosystème où les bactéries digèrent les polluants, filtrent les métaux lourds, nettoient l'eau. Sans produits chimiques et sans consommation d'énergie significative. La Biosphère de Montréal utilise déjà ce système.
On a la solution dans nos fossés de chemin de rang depuis toujours. On la regarde pousser en pensant à autre chose.
-Parlons des véhicules. Pas tous, attention, il y a les véhicules utilitaires dont le charpentier, l'électricien, le gars de chemin forestier qui a besoin de son pick-up pour travailler, c'est un outil, c'est légitime.
Mais le pick-up diesel immaculé qui se retrouve au stationnement du bureau cinq jours semaine, le VUS plus gros que nécessaire qui fait l'épicerie du quartier, le mastodonte chromé qui transporte une personne et un sac à main... qui souvent est impliqué dans des décès ou blessures graves aux enfants par ses angles morts de la vision.
Le char est devenu un état d'âme. Une déclaration. Plus il est gros, plus il compense quelque chose qu'on n'ose pas nommer.
Ici au Québec, nous avons une expression pour décrire cela :
Grosse Corvette, petite quéquette.. 
Si vous avez les moyens de posséder, nourrir et entretenir un véhicule de cette taille sans en avoir le besoin réel, vous avez les moyens de payer une surtaxe à la pollution individuelle. C'est pas une punition. C'est une logique élémentaire.
-Les élevages industriels sont les plus grands pollueurs en leur entièreté.
Du méthane produit par des milliers de bœufs et vaches en plus des quantités d'eau effarante pour produire cette viande, le lait et tous les dérivés.
Les poulaillers ne sont guère mieux et font partie du problème comme pour le porc etc... Ces animaux ne voient jamais le soleil de leur courte vie bourrés de protéines car le temps est de l'argent pour les boursiers... Et vous devinez où s'écoulent en partie leurs rejets? Non? Les cours d'eau....
On ne vous demande pas de devenir végétalien du jour au lendemain. On vous demande juste d'ouvrir les yeux sur ce que représente un steak industriel à deux dollars la livre.
7-Les industries ont bâti nos régions, nos emplois, nos villes. Personne ne le nie.
Mais leurs rejets, l'arsenic, le plomb, les sédiments chimiques volatils, eux ne restent pas aux portes des usines. Ils voyagent. Dans l'air, dans l'eau, dans le sol et dans les poumons des enfants qui jouent dehors.
Ce n'est pas un problème isolé. C'est partout où une cheminée fume sans rendre de comptes.
-Le plastique.
Que ferions-nous sans cette matière? Nous gosserions dans le bois en remplacement? Hihihi..
Sérieusement, tous est constitué de plastique ou presque et c'est un grave problème qu'il ne soit retransformé qu'à environs 20% si ce n'est pas moins. Alors la production de nouveaux plastique continue et nous en sommes submergés tellement que le plastique est partout,
dans le sang, dans le cerveau, dans le placenta des femmes enceintes, dans le lait maternel.
Et si vous pensez que c'est un problème de surface, sachez qu'on en a retrouvé au fond de la fosse des Mariannes. À 11 000 mètres de profondeur. L'endroit le plus inaccessible de la planète entière.
On a réussi à polluer un endroit où personne n'ira jamais. Faut le faire.
Collectivement nous sommes concernés.
Nos syndromes ''pas dans ma cour'', ''ce qu'on ne voit pas, ne dérange pas'', ''ça ne sera plus mon problème, j'achève'' ainsi que nos habitudes héritées des générations précédentes et bien sûr notre confort fait en sorte que nous faisons partie du problème et même que nous en sommes le problème .
La planète de vos enfants est votre vestige. Ce qu'on y laisse, en bien ou en mal, nous appartient à tous.
Il n'est pas trop tard pour changer quelques habitudes. Pas toutes. Juste quelques-unes.
Ça commence là.
Et vous? Vous en pensez quoi?